
Béjart Ballet Lausanne
The 100th Anniversary of Maurice Béjart
À partir du jeu. 11.11.2027
Pour les 100 ans de Maurice Béjart et les 40 ans du Béjart Ballet Lausanne, la compagnie revient à Forest National avec trois œuvres majeures : Boléro, Le Sacre du Printemps et L’Oiseau de Feu.
2027 sera l’année Maurice Béjart ou ne sera pas avec la célébration d’un double anniversaire : les 100 ans de la naissance de Maurice Béjart, né à Marseille le 1er janvier 1927, et les 40 ans du Béjart Ballet Lausanne. À cette occasion, la compagnie rendra hommage à son créateur à travers une grande tournée internationale où seront repris les ballets majeurs du répertoire afin de rappeler combien son héritage reste vivant et universel — un héritage dont est née toute une génération de chorégraphes et d’artistes, aujourd’hui encore inspirés par son audace, sa liberté et sa vision.
2027 sera sans aucun doute l’année Maurice Béjart, portée par ce double anniversaire. La compagnie rendra hommage à son fondateur à travers une grande tournée internationale, remettant à l’honneur les œuvres majeures de son répertoire — preuve d’un héritage toujours vivant, universel et influent. Du 11 au 14 novembre 2027, le Béjart Ballet Lausanne présentera à Forest National un programme exceptionnel :
Boléro (1961) – Maurice Ravel
Le programme s’ouvre avec Boléro, l’une des chorégraphies les plus emblématiques de Béjart, sur la musique de Maurice Ravel, créée en 1961 à La Monnaie à Bruxelles. Avec une construction simple mais hypnotique, l’œuvre devient une expérience collective intense fondée sur le rythme et la répétition.
Note d’intention:
« Mon Boléro » disait Ravel, « devrait porter en exergue : Enfoncez-vous bien cela dans la tête ». Plus sérieusement, il expliqua : « En 1928, sur la demande de Madame Rubinstein (Ida Rubinstein, célèbre danseuse et actrice russe), j’ai composé un boléro pour orchestre. C’est une danse d’un mouvement très modéré et constamment uniforme, tant par la mélodie que par l’harmonie et le rythme, ce dernier marqué sans cesse par le tambour. Le seul élément de diversité y est apporté par le crescendo orchestral. »
Maurice Béjart précise en ces termes sa conception de l’œuvre de Ravel : « Musique trop connue et pourtant toujours nouvelle grâce à sa simplicité. Une mélodie – d’origine orientale et non espagnole – s’enroule inlassablement sur elle-même, va en augmentant de volume et d’intensité, dévorant l’espace sonore et engloutissant à la fin la mélodie. »
Sans vouloir décrire davantage ce ballet évident par lui-même, remarquons que Maurice Béjart, dans un style très différent, rejoint l’esprit du Sacre du Printemps, en ce sens qu’à l’inverse de la plupart de ceux qui ont illustré chorégraphiquement le Boléro avant lui, il répudie toutes les facilités du pittoresque extérieur pour exprimer uniquement – mais avec quelle force ! – l’essentiel. Maurice Béjart confie le rôle central – la Mélodie – tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le Rythme est interprété par un groupe de danseurs ?
Le Sacre du Printemps (1959) – Igor Stravinsky
Créé en 1959 à La Monnaie sur une musique d’Igor Stravinsky, ce ballet puissant et physique traduit la force primitive du printemps en un rituel universel, dépouillé de folklore et centré sur l’énergie humaine.
Note d’intention:
Qu’est ce que le printemps sinon cette immense force primitive longtemps endormie sous le manteau de l’hiver, qui soudain éclate et embrase le monde, que ce soit à l’échelon végétal, animal ou humain ? L’amour humain, dans son aspect physique, symbolise l’acte même par lequel la divinité crée le Cosmos et la joie qu’elle en retire. A un moment où les frontières anecdotiques de l’esprit humain tombent petit à petit et où l’on peut commencer à parler d’une culture mondiale, rejetons tout folklore qui ne soit pas universel et ne retenons que les forces essentielles de l’homme, qui sont les mêmes dans tous les continents, sous toutes les latitudes, à toutes les époques. Que ce ballet soit donc, dépouillé de tous les artifices du pittoresque, l’Hymne à cette union de l’Homme et de la Femme au plus profond de leur chair, union du ciel et de la terre, danse de vie ou de mort, éternelle comme le printemps.
L’Oiseau de Feu (1970) – Igor Stravinsky
Créé en 1970 au Palais des Sports à Paris, ce ballet abstrait et expressif met en lumière à la fois les racines russes et le caractère révolutionnaire de Stravinsky.
Note d’intention:
Dans ses entretiens avec Craft, Igor Stravinski donne les raisons pour lesquelles il préfère voir utilisée pour l’Oiseau de Feu la suite d’orchestre plutôt que la version totale du ballet qu’il désavoue assez ouvertement. Dès lors, l’argument du ballet qui suit exactement la partition originale semble caduc et ce qui reste est musique pure, propre certes à une certaine vision chorégraphique, mais incapable de suivre les méandres d’un scénario compliqué. Il n’est donc pas question de remplacer l’argument par un autre, ni même de le transformer : essayons plutôt de dégager l’émotion qui parcourt la succession de numéros de la partition ainsi réduite, en retrouvant les deux éléments chocs qui frappèrent à la création : Stravinski musicien RUSSE. Stravinski musicien REVOLUTIONNAIRE. Que la danse soit donc l’expression abstraite de ces deux éléments toujours présents dans la musique, un sentiment profond de la Russie et une certaine rupture avec la tradition musicale qui se traduit par une violence rythmique inaccoutumée et qui suscita à la création des remous que l’on sait. (Maurice Béjart)
Avec ce retour à Bruxelles, le Béjart Ballet Lausanne rend hommage à son fondateur ainsi qu’à la ville qui a profondément marqué son parcours.
Maurice Béjart et Bruxelles : un lien profond et déterminant dans sa carrière
"C'EST À BRUXELLES QUE L'ESSENTIEL DE MA CRÉATION CHORÉGRAPHIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE" - MAURICE BÉJART
À la suite de plusieurs commandes de la RTB dès 1955 — parmi lesquelles L’Inconnu, Voyage au cœur d’un enfant, Voilà l’homme, Arcane, Symphonie pour un homme seul, Pulcinella de Stravinsky ou encore Orphée sur une musique de Pierre Henry — et après une rencontre décisive avec Maurice Huisman, alors directeur du Théâtre royal de La Monnaie, Maurice Béjart s’installe à Bruxelles en 1959. Un an plus tard, il y fonde le Ballet du XXe siècle, qui s’impose rapidement comme une référence internationale.
C’est à Bruxelles qu’il crée certaines de ses œuvres les plus emblématiques, telles que Le Sacre du printemps, présenté en 1959 sur la musique d’Igor Stravinsky, ou Boléro, créé en 1960 sur la musique de Ravel. À ces pièces majeures s’ajoutent L’Oiseau de feu et La IXe Symphonie, ballet qui inaugure Forest National. Grâce à lui, Bruxelles devient alors un centre majeur de la danse contemporaine.
En 1970, Maurice Béjart fonde également à Bruxelles l’École Mudra, d’où émergeront de nombreux danseurs et chorégraphes de renom, parmi lesquels Anne Teresa De Keersmaeker, aujourd’hui la chorégraphe belge la plus reconnue. Pendant 27 ans, c’est dans sa ville d’adoption qu’il signe ses plus belles créations, notamment à La Monnaie et au Cirque Royal.
Le 30 juin 1987, le chorégraphe quitte Bruxelles pour Lausanne, en Suisse, où il fonde le Béjart Ballet Lausanne. Il s’éteint en 2007, à l’âge de 80 ans, sur les rives du lac Léman. À la fin de sa vie, il confiait : « J’ai vécu en Belgique la plus longue période de ma vie. Ces années représentent à peu de choses près la moitié de mon existence, et presque toute sa part productive. Si je mourais demain, ce serait là l’essentiel de mon parcours. J’aimerais un jour lire dans les dictionnaires et les biographies qui me sont consacrées : Maurice Béjart, chorégraphe belge. C’est là mon souhait le plus sincère. »
Pendant plus de vingt ans, Bruxelles est ainsi considérée comme la capitale mondiale de la danse : tous les grands danseurs et chorégraphes souhaitent passer par l’École Mudra ou rencontrer Béjart pour collaborer avec lui. Cette période est aussi la plus féconde de sa carrière, avec environ 250 créations sur un total de 370.
Profondément attaché à la capitale belge, il y mène une vie quotidienne bien ancrée. Son appartement, situé dans l’îlot sacré, à quelques pas de La Monnaie, au 49 rue de la Fourche, est acquis par l’État belge en juillet 2012 au profit de la Ville de Bruxelles. Il abrite aujourd’hui la Maison Béjart, qui comprend un centre d’archives et de documentation, un studio de danse, une librairie et une salle d’exposition temporaire. Le chorégraphe fréquentait également assidûment plusieurs lieux emblématiques de la ville, comme la Mort Subite, le traiteur Pandin, la taverne du Passage ou encore les petits restaurants de la rue des Bouchers.
À propos du Béjart Ballet Lausanne
Depuis sa création en 1987, le Béjart Ballet Lausanne s’est imposé comme une référence internationale dans le monde de la danse. Héritier de l’esprit novateur de Maurice Béjart, le BBL poursuit aujourd’hui son histoire sous la direction artistique de Julien Favreau.
Autrefois soliste emblématique du répertoire de Maurice Béjart, Julien Favreau, directeur artistique, incarne désormais la continuité d’une œuvre visionnaire tout en y insufflant une modernité sensible et ancrée dans le présent. A travers son regard, la compagnie affirme son engagement à préserver l’héritage du maître tout en ouvrant de nouveaux horizons chorégraphiques.
Fidèle à la volonté de Maurice Béjart d’ouvrir la danse à tous, la compagnie se produit sur les plus grandes scènes du monde, séduisant un public toujours plus large par la force expressive et universelle de son art. Son répertoire – au cœur duquel figurent des œuvres emblématiques telles que Le Sacre du Printemps, Boléro, La IXème Symphonie ou Le Presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat – demeure vivant.
De 2007 à 2024, Gil Roman, alors directeur artistique du BBL, a enrichi son répertoire de nombreuses créations et accompagné la compagnie dans une nouvelle ère de transmission et de renouveau. Durant cette période, le Béjart Ballet Lausanne s’est ouvert à des chorégraphes invités venus d’horizons variés – Yuka Oishi, Valentina Turcu, Julio Arozarena, Tony Fabre, Christophe Garcia, Alonzo King, Giorgio Madia, Joost Vrouenraets et Sthan Kabat-Louët – dont les univers singuliers ont révélé la polyvalence des danseurs et nourri l’identité artistique du BBL.
Aujourd’hui porté par la vision artistique de Julien Favreau, le Béjart Ballet Lausanne demeure un espace de création et de transmission où l’héritage de Maurice Béjart coexiste avec les écritures chorégraphiques d’aujourd’hui.
Ne manquez pas le retour du Béjart Ballet Lausanne à Forest National à Bruxelles, du 11 au 14 novembre 2027.
Tickets
- Tickets officiels
- Paiement sécurisé
jeu. 11.11.2027Forest National
- 20:00
ven. 12.11.2027Forest National
- 20:00
sam. 13.11.2027Forest National
- 20:00
dim. 14.11.2027Forest National
- 15:00
Au guichet, vous payez un supplément de 2 euros pour les frais de service.Organisateur: Gracia Live

